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Le confinement en pratique :

Les bons plans pour les enfants et leurs parents

Ce texte est adapté de « Parler du coronavirus aux enfants » de Hélène Romano Docteur Catherine Salinier, et complété par Camille Pasquier.

« Le confinement va faire vivre en vase clos toute une famille parfois dans un espace exigu, avec des enfants qui ont besoin de bouger et de crier. Cette décision exceptionnelle entraine nécessairement, malgré un sentiment immédiat de satisfaction (« le coronavacances »), une désorganisation de la vie quotidienne et une impression d’étrangeté dans un contexte de gravité qui déstabilise adultes comme enfants.

Quelques évidences à garder en mémoire :

  • Si vous êtes rassurant ·es, vos enfants seront rassuré ·es.
  • Avec vos enfants à la maison, vos priorités vont changer. Normal !
  • Ne soyez pas trop exigeant ·es avec vous-même : vouloir atteindre des objectifs impossibles ne génère que de l’énervement. Pourquoi ne pas profiter de ce temps, autant que possible et selon vos contraintes pour relâcher un peu la pression, les exigences de la maison, etc.

Pour mieux faire comprendre aux enfants la transmission du virus

Vous pouvez demander à votre enfant de mettre la paume de ses mains dans de l’eau puis dans des paillettes pour les passer ensuite sur son visage, ses bras, ses mains… Expliquez-lui que les virus sont comme les paillettes, qu’ils peuvent se coller partout, que pour les faire partir il faut bien se laver les mains, le visage, faire attention à ce que l’on touche… (nosptitsloups.fr)

C’est une occasion pour partager l’idée que l’hygiène a une importance dans certaines situations, plus que dans d’autres. Ceci, sans pour autant se laisser envahir par une crainte d’un manque d’hygiène, qui entrainerait stress et autres exigences compliquées à suivre pour les plus jeunes (par exemple, un bon lavage des mains par exemple dure 30 secondes, c’est long pour un enfant, donc mais ne vous focalisez pas pour autant).

En général,le jeu est un très bon outil pour les apprentissages, pour le lien, pour l’intégration de notions diverses, pour dépasser des peurs, en parler, etc. Pourquoi ne pas détendre un peu ce sujet en passant par celui-ci ?

Quelques suggestions : Laver les poupées, les poneys, les baigneurs, les doudous, etc. Si on parle de maladie possible alors:

  • Jouez ensemble au docteur, à fabriquer des petits masques pour eux et lles, pour les poupées, etc.
  • Imaginez un hôpital avec peluches ou autres
  • Profitez-en pour lire des livres pour enfants sur le corps humain, sur les maladies, la transmission de virus, les microbes, les cellules, bref, l’infiniment petit de leur propre corps, etc.

La vie au quotidien

Peut-être que la question que pose ce confinement est pour beaucoup de personnes : Comment se réapproprier notre liberté ?

Le quotidien d’une immense partie des adultes est modifié. Parfois télétravail, parfois pas de travail du tout ! Pourquoi celui des enfants devrait-il rester le même ?

Lorsque l’enfant n’est pas motivé·e pour faire son travail, tenter de répondre aux exigences des devoirs peut apparaître comme délétère pour l’ensemble de la famille : difficultés de répondre aux demandes de l’école, difficultés des parents d’accompagner les enfants dans certains apprentissages, etc.

Peut-être vivons-nous un moment unique pour expérimenter une autre façon de vivre, qui ne serait ni des vacances, ni le travail, quelque chose qui se situe entre les deux… Un moment où appréhender ou se réapproprier une forme de liberté d’agir serait bénéfique pour tout le monde.

Il est d’ailleurs impossible de déclarer une journée sans apprentissages pour les enfants, comme pour les adultes ! Vivre c’est apprendre, apprendre c’est vivre. Il ne s’agit pas forcément d’apprentissages stricts, bien que la lecture, l’écriture et le calcul se cachent dans tous les aspects de la vie quotidienne. N’hésitez pas à saisir les occasions au vol ! Un bon exemple « vécu » remplace souvent, et parfois mieux, un exercice.

Les apprentissages sont peut-être à considérer, dans ce moment très particulier que nous vivons, plus encore que d’habitude, comme un vaste champs qui dépasse largement les connaissances enseignées à l’école. Il s’agit de rester attentifs et attentives à cette occasion sans doute de découvrir les modes d’apprentissages qui sont propres à vos enfants. Ils sauront assurément mener des découvertes que vous-même n’avez pas soupçonné.

Et puis, au fond, s’agit-il dans cette période de confinement d’occuper les enfants ? Ou s’agit-il de réinventer une vie qui serait simplement constituée du soucis de vivre ce que nous avons vraiment envie de vivre et partager ensemble ?

Quelques suggestions

En profiter pour mettre en place un « conseil de famille », une fois par jour, le matin ou quelques fois par semaine pour s’ajuster au début. Ce temps peut être consacré à dire ce qui va, ce qui ne va pas, exprimer ce qui est important (besoin de temps pour travailler), les idées du jour ou de la semaine, les désirs d’activités, est-ce réalisable ? Comment ? Avec qui ? Qui est disponible et quand ? Comment gérer les conflits ? Il n’y a aucune restriction ni dans les sujets, ni dans les propositions. C’est un endroit où les enfants peuvent prendre leur place, être force de proposition, etc. S’ils ou elles ne l’ont jamais fait, cela peut demander un petit temps pour y prendre plaisir. N’abandonnez pas trop vite si cette idée vous plait. Et rapidement, ce sont eux ou elles qui seront en demande d’un « conseil de famille » ! C’est un véritable lieu d’expression démocratique !

Quand les parents ne sont pas en télétravail, il est possible de partager lectures, films, jeux de société, jeux de mémoire, de mime, de devinettes, le bricolage, la cuisine, des activités créatives (dessin, peinture, gommettes, pâte à sel, jeux de construction, slow-motion…). Tout ceci constitue des supports précieux aux apprentissages sous toutes les formes.

Pourquoi ne pas en profiter pour ranger les chambres à fond, trier les placards, les livres et jouets ensemble ? Et quand ils ou elles sont trop énervé·es ? Pourquoi pas de longs temps où ils ou elles font les « fous » avec les parents (bataille de polochons, jeu d’attrape entre parents et enfants, partie de cache-cache dans la maison) ? Ce sont des jeux qui resserrent les liens, apaisent les tensions, rechargent leur réservoir affectif, etc. On peut aussi décider d’un coussin de colère sur lequel on peut taper et pourquoi ne pas l’appeler Corona ?

Les enfants ont aussi besoin de sortir une ou plusieurs fois par jour. Pour ceux ou celles qui ont la chance d’avoir un jardin ou qui habitent la campagne, laissez-les jouer dehors, taper dans un ballon, faire des jeux d’extérieur ou du vélo. En ville, une petite promenade autour du pâté de maison à pied, en vélo ou en trottinette permet de libérer les énergies ! Ne sortez pas tous et toutes ensemble. Alternez-vous. Sortez un enfant avec un adulte sauf si vous êtes seul.e. N’oubliez pas : les temps de relaxation peuvent aussi être proposés, pour vous et pour vos enfants.

Et bien sûr, un temps calme devant un dessin animé que vous aurez choisi avec eux, et que vous regarderez surtout ensemble peut aider tout le monde à recharger les batteries.

Sachez aussi être capable de vous accorder des petits temps de détente rien que pour vous ! Si vous êtes deux, alternez-vous là encore. Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de ses enfants.

Si vous vous sentez épuisé·es, à bout, prenez un temps rien que pour vous, dans une chambre ou dehors, déchargez votre colère, votre tristesse ou toute autre émotion légitime (danser, crier, taper dans un cousin peut être salvateur d’un geste ou d’une parole blessante pour vos enfants) accordez-vous de la douceur et de l’auto-empathie autant que possible, vous avez besoin vous aussi de cela, comme tous les parents. Faites un contrat à tête reposée, lors des conseils de famille, n’hésitez pas à soulever le problème des tensions, et tentez collectivement de cheminer pour que chacun trouve une issue acceptable.

Si vous devez travailler à la maison

Vous y arriverez mais pas toujours quand vous le voudrez… ni autant que vous le voudriez. Si vous êtes deux c’est plus facile : alternez chacun.e les temps de travail et exigez des enfants qu’ils respectent la tranquillité de celui qui travaille. Si vous êtes seul ·e : ne prenez pas trop sur votre temps de sommeil personne n’y gagnerait, organisez-vous avec votre employeur. A situation exceptionnelle solutions exceptionnelles.

Inutile de fâcher votre enfant, il n’y est pour rien… Mais consacrez lui du temps pendant que vous ne travaillez pas.Une organisation est nécessaire évidemment, afin que chacun.e puisse mener ce qui est à faire. Cela pourra être l’occasion pour les plus jeunes de gagner en autonomie ? Les enfants aiment passionnément le contact avec leurs parents, mais apprécient aussi se débrouiller seul ·e ·s dès qu’ils s’en sentent capable et en accord. Il n’y a aucune recette ni code de conduite à appliquer, chaque famille, chaque cellule de vie doit trouver sa propre manière de faire. Autant que possible, tentez de prendre la situation comme une occasion, et non une contrainte…

Et pour les adolescent·es ?

Utilisez les mêmes conseils que plus haut au sujet des apprentissages. La pression est grande, inutile d’en rajouter que ce soit pour vous ou pour vos enfants. A situation exceptionnelle solutions exceptionnelles également là aussi.

Laissez-les communiquer avec leurs copains et copines par Skype, WhatsApps ou Facetime, profitez pour vous y intéresser éventuellement si cela ne vous rebute pas, profitez de ce temps pour peut-être découvrir ce domaine que vous ne connaissez pas. Vos enfants ont à vous apprendre et tout le monde ressort gagnant ou apaisé au lieu des tensions perpétuelles.

Pourquoi pas un journal de bord pour raconter comment ils ou elles ont vécu cette période assez particulière?

Et les grands-parents ?

Cette fois ne faites pas appel aux grands-parents pour la garde de vos enfants. Appelez-les au téléphone, par Skype, WhatsApp ou Facetime pour prendre de leurs nouvelles mais ne leur demandez pas de venir à votre rescousse. Faites des conversations et des jeux avec votre famille via ces outils de communication en ligne.

Comment positiver cette période difficile ?

Et si ce temps de confinement imposé en famille était une parenthèse dans le temps et l’occasion de partager, de discuter, de jouer avec vos enfants, de resserrer des liens et de faire ce qu’habituellement vous n’avez jamais le temps de faire ? Cette épidémie peut aussi être le bon moyen de développer le sens de la solidarité et de l’empathie de vos enfants. Vous avez une voisine isolée et âgée ? Et si vous l’appeliez avec vos enfants ou lui demandiez si elle a besoin de courses, si elle va bien ? Elle serait sûrement ravie de découvrir un dessin réalisé par votre enfant ou toute autre production faites avec cœur avant tout.

Comment parler aux enfants de l’épidémie ?

Elle est inédite et l’inconnu fait peur.
La possible maladie inquiète
. Le contact social direct est rompu, l’isolement, fragilise. L’angoisse (de mort) de tous et toutes est activée et chacun·e est plus sensible. Les médias continus et réseaux sociaux augmentent l’anxiété.
La vie est complètement chamboulée, il y a perte de repères, et les conséquences économiques sont prévisibles. Enfants confiné·es, parents déstabilisé·es, des tensions sont à craindre.

S'il est question de maladie, les enfants doivent être mis au courant mais pas inquiété·es inutilement.

S'il est question de chamboulement de vie, les parents peuvent expliquer les décisions du gouvernement et ne pas hésiter à les discuter, les questionner, etc. à travers des questions simples si l’occasion se présente « qu’en penses-tu toi ?» cela peut ouvrir des discussions précieuses.


S'il est question de frustrations de la vie d’avant, les parents peuvent expliquer que, pour certain·es, c’est encore plus difficile.


S'il est question de confinement, il convient que chacun et chacune dans la famille trouve son équilibre. Il n’y a pas de bonne conduite à adopter en dehors du fait de tout faire pour que les relations soient les plus simples, harmonieuses et respectueuses. Chaque membre a une place importante.

S'il est question d’isolement,c’est l’occasion de créer d’autres liens sociaux avec les moyens de communication (internet mais aussi écrit pourquoi pas) et dans la solidarité.

L’authenticité doit rester la règle : l’anxiété est nécessaire à la protection, mais la peur paralyse. Le bon dosage ne se trouve-t-il pas dans l’authenticité à chaque instant ? Ne pas chercher à cacher vos propres émotions, vos interrogations, vos doutes, mais tentez de rester rassurant, protecteur et protectrice pour vos enfants. Vous êtes leur repère. Partager vos espoirs sera peut-être une marque profonde d’optimisme dont on peut faire preuve dans cette situation inédite.

Grands principes pour parler avec les enfants

Les enfants sont plus sensibles à l’émotion des parents qu’à la réalité des événements ou des mots. Les parents non-inquiets peuvent avoir des enfants inquiets qui ne disent rien.
Les enfants ont besoin de savoir et de comprendre. Les enfants ont besoin de savoir qu’ils ou elles sont protégé.es, avant tout par leurs parents. Écoutez d’abord l’enfant et parlez à partir de ce qu’il ou elle dit, avec des mots simples (et non des « mots bébés »).

Donnez confiance à l’enfant dans l’avenir. Il est tout à fait possible de transmettre à un enfant l’idée que nous débutons peut-être une période compliquée, différente d’avant sans pour autant que ce soit un drame ou une angoisse. Prenez confiance dans le fait que nous nous adaptons, que la société sait se réorganiser même avec un sacré virus ! Nous ne sommes pas certain.es que tout redeviendra comme avant, mais si la paix est faite avec cette idée, quelque soit l’avenir (comme avant ou très différent) votre enfant appréhendera doucement la possibilité du changement.

Pour le moment c’est une période de pause, justement, un temps d’ajustement. Profitons-en pour aller vers des possibilités de changements, avec eux et elles. Les enfants sont des expert.es en adaptation. Faites leur confiance et trouvez des moyens de vous apaiser vous-mêmes.

Il est préférable que les enfants ne soient pas au contact des médias.

En conclusion

Il n’y a pas de réponses toutes faites aux difficultés du quotidien durant ce temps de confinement, quelques clefs se situent peut-être entre :

  • Prendre du temps pour vous dès que possible (même 30 min de conversation avec un ou une amie, demander de l’écoute seulement si les difficultés vous pèsent trop)
  • Favoriser le jeu avec les enfants sans vous faire violence à vous-même (trouver des activités qui vous amusent l’un.e et l’autre)
  • Éviter de vouloir tout réussir, tout gérer, profiter de chaque instant agréable.

Ce texte est une adaptation, par Camille Pasquier, du texte d'Hélène Romano et de la docteure Catherine Salinier. Vous pouvez trouver la version source ici.


parents-enfants_confinement_en_pratique.txt · Dernière modification: 2020/04/26 14:59 par marion